22 avril :
Quelques réflexions de Dominique sur un mois d'itinérance au Pérou ..

5 cols à plus de 4000 m, 20700 m de dénivelé positif et 1350 kms.
Nos corps se sont acclimatés a l'altitude mais nous sommes toujours essouflés en montant des escaliers.
Les chiens aboient encore à notre passage mais ne nous coursent plus, à croire que nous sommes imprégnés des odeurs du Pérou (et pas de commentaires désobligeants ...)
Nous avons le temps de voir les paysans travailler durement, de voir des enfants courir pieds nus dans la terre pendant une ascension de 40 kms et nous pédalons avec délectation les 40 kms de descente. Les pentes paraissent plus douces au fil du temps et quand la pente se fait plus raide, om a mal partout et on le maudit, ce p.. de vélo.
L'arrivée dans les villages est toujours tranquille, l'arrivée dans les villes est faite de bruit et de poussiere. Il y a invariablement  les trous, les taudis puis viennent les carossiers, les mécanos, les ferrailleurs, les ferblantiers, les quincailliers et ensuite les commerces en tous genres, la plazza des armas, les administrations, de jolies jeunes femmes flics qui utilisent le sifflet avec autorité.
Il nous faut choisir un hôtel agréable assez souvent, toujours propre mais dont l'électricité et surtout la plomberie ne ressemblent à rien. L'eau chaude est un luxe et Jean Pierre devient plombier bien souvent.
Seul incident technique : une roue libre qui lâche en haut d'un col et Jean Pierre qui pédale en pignon fixe pendant 40 kms.
Mais le plus important dans un voyage, c'est la rencontre d'une population et d'une culture : les regards de connivence des femmes, la curiosite des hommes, les rires des enfants, l'indifférence parfois mais jamais d'agressivité.
Dans les villes, chacun s'occupe à survivre, des femmes passent 16 heures par jour à vendre des bricoles, une femme essaie de vendre 3 salades à un restaurateur et pourtant plein d'enfants vont à l'ecole avec leurs uniformes de couleurs différentes selon les établissements et leurs tenues de sport et ils courent et rient et s'amusent et leurs parents sont fiers quand ils défilent avec de jolis lampions.
Nous avons vécu des fêtes de pâques délirantes à Ayacucho (seule ville qui a une belle unité architecturale) avec les processions, les fanfares dans les rues, les danses traditionnelles, le concert des 20 violonistes et du guitariste qui tel le contrebassiste en jazz donne le tempo.
Tous ces moments intenses donnent envie de grimper la montagne suivante pour de nouvelles découvertes et notre prochaine étape sera Cuzco.
Ainsi vont par monts et par vaux 3 cyclistes aixois un peu félés.

La vie est belle au Perou !!

L’ autre Pérou par Jean-Pierre

 
Voilà maintenant un mois que nos petits mollets de baroudeurs en herbe sillonnent les routes montagneuses des hauts plateaux péruviens. Des paysages somptueux, des villes en fête, du folklore. Que de belles images pour enivrer nos yeux écarquillés.
Vous aussi, au travers dusite de François, vous profitez avec envie, rêves et émerveillement des paysages de ce pays au travers debelles photos triées sur le volet.
Mais le Pérou n’ est pas seulement ces images idillyques  gavées de couleurs chatoyantes.C’ est aussi la misère et la pauvreté. Nous avons traversé des villages où la pauvreté se tenait devant chaque porte, des banlieues de villes où la misère fait que les gens ont honte de nous regarder en face alors que le centre de cette même ville est en proie à de grandes fêtes pascales.

Dans un col, lors d’une montée vers un plateau à plus de 4000m d’altitude,deux petits enfants , moitié nus, moitié en guenilles, marchent le long de la route, pieds nus bien sûr, à côté de leur mère en guenilles elle aussi. De les voir me serre le cœur. Dois-je leurs dire bonjour ou passer sans les voir ?Au travers de ces quelques lignes, je souhaite simplement vous dire que, quand vous ouvrirez le site,aussi intéressant soit il, le Pérou n’ est pas seulement ces belles photos qui vous font rêver et voyager avec nous. 

Pensez aussi qu' il y a un autre Pérou.
 

Jean-Pierre


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