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Epilogue
 
texte paru en octobre 2008 dans la revue Roue-Libre du cyclo-sport provençal

En guise d’épilogue

 
Vous trouverez dans ce numéro de notre revue Roue-Libre,  la troisième partie de l’excellent compte-rendu de mon voyage, fait par Jean-Claude Yvon : je ne vais donc pas vous raconter en détail mon aventure mais essayez de lui donner une conclusion.

 Par contre, vous pouvez toujours retrouver le récit au jour le jour sur mon site « velo.hennebert.fr » ( une réorganisation en cours permettra un accès plus rapide et plus simple ) et je ferai pendant l’hiver une soirée avec la projection de photos et des commentaires.

N’oubliez pas le site officiel de l’expédition : www.parispekinavelo.com.

 Le bilan sportif est très simple : 120 jours de vélo, 12800 kilomètres.

La partie montagnarde au Kirghizistan et en Chine dans des paysages superbes n’est pas plus difficile qu’une traversée des grandes Alpes ou des Pyrénées.

Je reste persuadé que beaucoup d’entre nous sont capables de soutenir ce rythme à condition de l’avoir dans la tête : la performance sportive n’est pas un exploit

 

Les conditions météo ne nous pas été particulièrement défavorables :

  • la neige en Allemagne nous a  permis de traverser des paysages magnifiques, mais sans envahir complètement les routes,
  • le vent venait souvent de l’ouest au début du périple,
  • la pluie et donc la boue sur les routes du Kazakhstan ont données à notre périple un côté raid mais cela nous laisse quelques beaux souvenirs.
  • la chaleur au Kazakhstan et en Chine, importante il est vrai, s’est révélée supportable,
  • la pollution en Chine nous a accompagné cinq-six jours.

 La logistique a assumée un maximum, mais cela n’était pas toujours simple.

Jean-François Dereugnaucourt, le chef de l’expédition, est d’ailleurs le premier à reconnaître que tout ne fût pas parfait

Sur certains blogs, vous trouverez sans doute des opinions différentes, parfois injurieuses vis à vis de nos accompagnateurs : je ne partage pas du tout ces opinions et ces participants ne devraient pas oublier qu’ils n’auraient jamais effectué un tel voyage sans notre logistique.

Tout le monde était d’ailleurs prévenu que ce n’était pas le « club-Med ».

Je pense également qu’ un certains nombre de participants ressassaient pendant plusieurs jours ces points négatifs et oubliaient de profiter des images déconcertantes qui nous étaient offertes chaque jour.

 Mon moral est toujours resté au plus haut même dans les moments les plus délicats : pour cette raison, je crois, les quatre mois et demi de voyage sont passés très ( trop ) rapidement, sans aucune lassitude, et les derniers jours ont engendré une certaine nostalgie, car l’aventure se terminait.

Il faut dire que j’étais parti avec deux principes en tête :

  • lever la tête et ouvrir les yeux,
  • tout ce qui pouvait m’arriver en positif ou en négatif était mieux que d’être dans mon fauteuil devant la télé.

Je crois les avoir respectés durant tout le voyage.

 Je suis plutôt du genre solitaire sur le vélo ( dans la vie aussi pensent certains ) et je n’ai pas l’habitude de rouler en groupe : la cohabitation dans un groupe de 120 personnes pouvait donc me poser quelques problèmes

Sur ce point également, j’étais mentalement préparé pour accepter les contraintes comme l’attente au moment des regroupements ou des repas.

Je crois avoir échangé avec une grande majorité de participants, mais il n’est pas possible d’avoir les mêmes relations avec tout le monde : le respect ( et pas la tolérance ) est nécessaire pour profiter au maximum de la diversité.

Je rencontrerai toujours avec plaisir la très grande majorité des participants et je sais avoir trouvé quelques amis avec lesquels je suis prêt à pratiquer le cyclotourisme.

J’ai aussi découvert que j’avais la capacité de m’isoler, soit physiquement en me laissant glisser , soit intellectuellement : cela m’évitait de dire trop de c…. , de bêtises voulais-je dire.

 Si j’ai profité de chaque instant du voyage, certains moments forts et certaines situations resteront particulièrement marqués dans mes souvenirs :

  • la traversée de l’Allemagne avec les paysages enneigés et les pistes le long du Danube,
  • les petits villages en Autriche,
  • les trois jours sur les routes défoncées et boueuses du Kazakhstan,
  • la steppe dans le Kazakhstan,
  • les paysages majestueux du Kirghizistan,
  • l’entrée en Chine dans les provinces de l’Ouest avec les montagnes et le désert,
  • la découverte de l’armée enterrée à Xi’an,
  • la gentillesse des chinois en particulier dans les petites villes et les campagnes,
  • l’arrivée sur la grande muraille.

 Comme le disait si bien Henri, nous étions des hommes ordinaires réalisant quelque chose d’extraordinaire et , paraît-il, nous étions devenus extraordinaires : le retour au train-train quotidien paraît bizarre et prend un certain temps. Pendant cinq mois, nous savions comment allé se passer notre journée et que nous allions vivre de nouvelles aventures, puis tout d’un coup, il faut redescendre sur terre, même si j’ai trouvé Aix et sa campagne très agréable. 

Je tiens à remercier tous ceux qui ont initié et porté ce projet un peu fou : je ne citerai personne, car je ne les connais pas tous, mais je pense en particulier aux nombreux bénévoles qui ont travaillé avant le départ pour tout préparer, dans l’ombre, et pendant le voyage tout en restant en France.

Cela m’a permis de découvrir quelques pays où je ne pensais pas mettre les roues : que de paysages mais aussi de rencontres ( malgré les barrières de la langue ) et de découvertes de modes de vie complètement différents des nôtres.

La bicyclette est vraiment un moyen de locomotion qui facilite les contacts : expliquer dans un village du Kazakhstan, par exemple, que l’on vient de Paris et que l’on va à Pékin ( merci pour les brochures dans différentes langues fournies par l’organisation ) suscite le respect et l’intérêt.

Pour conserver dans ma tête, tous ces instants magiques, il me reste heureusement mes 9000 photos rangées par ordre chronologique : leur classement sera l’occasion de refaire le voyage.

Cette aventure m’a aussi donné envie de faire plus de voyages hors de notre hexagone.

Toutes mes envies et mes idées ne se concrétiseront pas, mais j’espère en réaliser certaines, pas nécessairement dans un groupe organisé.

A la lecture de ce qui précède, vous avez compris que pour moi Paris-Pékin ne sera jamais terminé et si vous avez l’occasion de vous associer à un projet un feu fou, n’hésitez pas : foncez et vous en ressortirez plus fort.
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