3 juin : Taldi Bulak-campement pleine nature

Dès le départ, nous entamons la montée du col : plus de 1300 mètres de dénivelé en 25 km dont les 18 premiers kilomètres sont les plus pentus.

 
Jean-François va faire la montée avant de revenir chercher le camion                                                   Début du col

Nous remontons une vallée le long d'un torrent entre deux montagnes très vertes et pleines de troupeaux : c'est un émerveillement pour les yeux et cela rappelle un peu la route entre Valloire et Plan Lachat.
La dernière partie, moins pentue est en terre et cailloux et la descente se fera sur une piste du même genre.
Je passe ainsi mon premier col à plus de 3000 mètres : le Ötmöka pass à 3330 mètres.

 
Première yourte                                                           Un 3330 cela mérite la photo

La descente s'effectue dans les mêmes paysages, mais si en montant nous avons vu quelques yourtes, elles sont sur ce versant partout, accompagnées à chaque fois d'un troupeau de chevaux.
En s'arrêtant pour quelques photos avec Gil, nous essayons d'engager la conversation, ce qui n'est pas facile, mais ça marche.
Nous apprenons ainsi, avec quelques gestes, trois mots d'anglais et une calculatrice qu'un bon cheval vaut 50000 soms et une yourte 70000 : l'euro s'échange à environ 55 soms.
Nous avons même une invitation pour pénétrer dans la yourte.
Je vous en fait une description sommaire : le tiers à l'entrée est occupé par une espèce de grosse cuisinière, les provisions, le récipient contenant l'eau, les chaussures et les vêtements suspendus. Le reste est surélevé : le soubassement est constitué de gros galets recouvert de plusieurs couches de tapis et il comporte une table basse autour de laquelle on s'installe après avoir enlevé comme nos hôtes nos chaussures.
On nous sert un bol de "KbiMbi3", c'est à dire du lait de jument fermenté.
Cet espace sert aussi de lit et de nombreuses couvertures sont soigneusement pliées sur le côté.  Les murs sont également recouverts de tapis.
La " maitresse de maison " continue à fabriquer son pain qu'elle fait cuire sur la uisinière où l'eau pour le thé chauffe.

 
Yourte avec son cavalier                 Notre hôte avec ses petits-fils
 
Préparation du pain en galettes                       La cuisine de la yourte

il nous faut partir pour rejoindre le regroupement fixé.
Nous continuons notre descente au milieu des pâturages en ayant le temps de constater que les poulains sont attachés à une corde avec un lien assez petit.
Sacha me donne l'explication au pique-nique.
La traite des juments s'effectue de 6 heures à 20 heures toutes les deux heures pour recueillir à chaque fois de 300 à 350 g de lait, mais pour commencer la traite le poulain doit têter : il faut donc l'avoir sous la main et les juments restent ainsi à proximité de leur progéniture.
Cet élevage de chevaux a pour but de produire du lait ( il se vend autour de 35 soms) mais aussi de vendre des chevaux : des foires ont lieu tous les vendredis et le Kazakhstan est un gros client.
Les éleveurs sont généralement riches dans un pays où le salaire moyen est d'environ 125$ soit environ 4500 soms
Ce soir pour la première fois nous avons un bivouac complet  et la journée aurait été parfaite sans un orage qui éclate cinq kilomètres avant le lieu du bivouac : je peux me mettre à l'abri dans un café mais les plus rapides auront l'orage avec des grêlons en prime.
L' installation du bivouac ( la tente restaurant de 12m, la tente suisine de 8m,  24 tentes de 4, la mise en route des douches et des lavabos ) se fait en un temps record et le correspondant de l'AFP qui va passer plusieurs jours avec nous est époustouflé.

 
Les chevaux sont partout                             Je vais éviter cet orage
 
Notre terrain de bivouac avant                                  les petites tentes
 
Le réfectoire                                      La cuisine

Il faut se dépêcher de terminer le repas pour rentrer les lits de ceux qui dorment dans la grande tente car un nouvel orage se prépare. De toute façon, il est temps de regagner sa chambre car demain matin il faut tout démonter avant de faire 140 kilomètres avec un passage vers 3300 mètres.
Pendant que j'écris cette rubrique, le vent monte et la pluie s'abat sur nos frêles abris : je suis un peu inquiet car je dors dans l'espace entre les deux chambres, mais tout se passe bien pas d'inondation.

2 juin                                  retour Paris-Pékin                                     4 juin


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