| accueil | Qui suis-je ? | Paris-Pékin 2008 | Mon club | Mes vélos | Mes voyages | Paris-Brest-Paris | Mon tour de la France | Mes collections | Mes recettes |
| Paris-Brest-Paris 1995 Paris-Brest-Paris 1999 Paris-Brest-Paris 2003 Paris-Brest-Paris 2007 |
PARIS-BREST-PARIS 1995du 1er juillet 1994 au .......
J'en avais rêvé comme tout bon cyclotouriste, mais
personne ne pouvait le faire pour moi. Ne soyez pas
étonné de la date de départ car je situe au 1er
juillet 1994 ma décision de participer au Paris-Brest-Paris (
PBP ) et dès cet instant, tout commence.
La préparationLe canevas en est traçé puisqu'elle doit comporter les brevets qualificatifs. Pour ma part, j'ai décidé de rouler le plus régulièrement possible, contrairement aux autres années et j'arrive au 200 km avec 3200 bornes dans les jambes.J'ai proposé à Patrick ( déjà deux PBP ) de m'accompagner dans les brevets, mais c'est demander à un aveugle s'il veut voir et il est immédiatement partant pour PBP : je viens de contracter une assurance tous risques qui sera un tant suspendu car il ne pouvait pas disposer de ses congés à lea bonne époque. Après le 200 ( le 8 avril), nous enchainons le lendemain par un 200 fédéral, puis je fais le 250 km ( 21 avril ) avec un départ sous une pluie battante pour "tester" ma résistance au mauvais temps. Ensuite tout s'enchaîne avec le 300 ( 6 mai ) et le 400 ( 13 et 14 mai ) : ce dernier brevet débutant à 17 h est l'occasion de passer une première nuit sur le vélo. Cette expérience est concluante mais le sommeil reste l'une de mes grosses préoccupations avec l'alimentation. Notons que ce 400 comportait queques belles côtes et le retour de Riez à Carpentras en passant par Meyrargues et Cavaillon fut contrarié par un fort mistral. Et nous voilà déjà au 600 ( 4 et 5 juin ) : nous couchons à Orange pour un départ de Piolenc à 5 heures. Je veux essayer de faire ce brevet d'une seule traite sans dormir. Tout va bien jusqu'à 2 heures du matin, malgré une fringale et le froid au pied du Mont Gerbier des Joncs. Je commets là ma première erreur : ne pas m'arrêter lorsque le sommeil me prend et je subis une défaillance terrible : pour moi PBP est terminé. Patrick, impertubable, me laisse m'engueuler et me force à continuer jusqu'à Vaison où je dors deux heures à la terrasse d'un café fermé. Au réveil, le moral est toujours aussi bas et je reprends le vélo plein de doutes. Les kilomètres s'enchainant, tout redevient à peu près normal et la fin du parcours avec un groupe très sympathique de Caderousse finit de me remonter le moral : après quelques ultimes, les inscriptions partent pour Paris. Il faut maintenant maintenier la forme : c'est fait avec la randonnée de l'aigoual, Aix-Lure et retour, Aix-Le Ventoux et retour, quelques cols en Savoie et quelques sorties dans le Nord de la France où je séjourne en famille jusqu'au 20 août. Ma préparatyion s'achève avec 9200 kilomètres parcourus. Paris-Brest-ParisJ'ai rendez-vous avec Patrick chez des amis à Neauphes-Le-Chateaule dimanche 20 août à 14 heures pour aller au contrôle des machines : je dis machines car nous allons en voir qui ne ressemblent pas à des vélos. Nous avons le premier contact physique avec l'organisation et nous ressentons déjà les effets de l'ambiance de PBP : nous tenons enfin le précieux carnet de route et la carte magnétique pour les pointages.Pour Patrick, c'est presque la routine mais pour le néophyte que je suis, c'est déjà magique. Il reste maintenant à attendre le départ du lendemain à 22 heures : nous le ferons en passant une excellente nuit, aprés une bonne soirée avec les copains Marina et Fabien, et en profitant du départ tardif pour faire une bonne sieste. Lundi 19 heures : première file d'attente pour le dernier repas. Nous revenons au stade d'où le départ de 20 heures ( ceux qui veulent faire un temps ) a déjà été donné et vers 20h 45, nous sommes dans le pelotn. Nous partirons avec le second groupe vers 22h 15, mais cette attente est l'occasion de contacts avec des groupes qui n'engendrent pas la mélancolie, comme les dunkerquois. Une corne de brume nous libère et c'est parti pour plus de 1200 kilomètres. Les premiers kilomètres s'effectuent en paquet avec voiture ouvreuse et motos pour sortir de l'agglomération. Au bout de 10 kilomètres, j'ai perdu Patrick et nous nous retrouverons 50 km plus loin : j'ai bien cru que j'allais faire PBP tout seul ( au milieu des2900 participants ). Dès le 1er contrôle à Mortagne ( km 141 ), nous adoptons ce qui sera la règle sur ce PBP : un repas complet ( soupe, entrée, plat, deux desserts, bière ou vin, eau pétillante ) que l'on prend calmement en discutant et en plaisantant avec nos compagnons de route, soit en tout environ 1 heure d'arrêt. Les contrôles se succédant tous les quatre ving kilomètres, nous avons pris quinze repas et trois petits déjeuners en trois jours et demi Ce " gavage " résoud complètement le problème de l'alimentation et nous n'aurons besoin d'aucun complément. Les contrôles se succèdent : Villaines-la-Juhel, Fougères, Tinténiac et Loudéac ( km 441 ). Il est 21h et nous décidons de nous arrêter : douche, repas et au lit à 22h 30 ( un lmatelas et une couverture dans un gymnase ). Je dord immédiatement et je suis réveillé à 2h 30 par un bénévole de l'organisation. Après la préparation de vélos et le déjeuner, nous partons pour Brest à 3h 15 avec l'objectif de revenir dormir à Loudéac. Nous passons à Carhaix, puis au col de Trébudon avec contrôle secret et bol de soupe : j'en profite pour ramasser quelques brins de bruyère. Après la longue descente du Roc Trevezel, il nous reste une sucession de côtes, cadeau des organisateurs avant une petite dernière ( genre avenue philippe Solari ) pour arriver au lycée de Brest : Armande et Mpnmon nous y attendent et nous pointons à midi, 38 heures après notre départ. L'après-midi se passe sans incident et nous sommes de retour à Loudéac à 21h 15 pour une seconde nuit identique à la première. Au programme du jeudi 24 figurent les 300 kilomètres séparant Loudéac de Mortagne : rien à signaler sinon que les bénévoles dans les contrôles ne disent plus " à bientôt " mais " à dans quatre ans ". Le but est atteint à 20h 15 et nous pourrions sans doute terminer les 140 km nous séparant de St Quentin en Yvelines : nous décidons sagement de nous en tenir au programme et passons la troisième nuit à Mortagne. Le vendredi matin, nous avalons la sortie "locale " en pleine euphorie et effectuons notre dernier pointage à 11h 14 : la partie visible de PBP est terminée mais il continue dans ma tête, ce qui justifie les points de suspension du titre. Pour conclure, j'aimerai souligner quelques points :
François Hennebert avec l'aide de Patrick Fortoul NDLR : récit paru dan "Roue-Libre ", revue du Cyclo Sport Provençal d'octobre 1995. Depuis les auteurs ont effectué Paris-Brest en 1999, 2003 et 2007. début de page |